Comme je vous l’ai dit à la rubrique « Nos Ancêtres : Les Celtes », les sources d’informations majeures dont nous disposions étaient les écrits des auteurs de l’Antiquité Grecs et Romains. Le mot « Keltos » apparait pour la première fois au IVe siècle av JC dans l’œuvre du grec Hécatée de Milet. Au siècle suivant c’est Hérodote, le Père de L’Histoire, qui nous informe que le Danube prend sa source au pays des Celtes et que des Celtes vivent à l’ouest des colonnes d’Hercule, c'est-à-dire au-delà du détroit de Gibraltar.
Au IVe et IIIe siècle av JC, l’Italie, la Grèce et les Balkans subissent les invasions des guerriers celtes, ce qui contraint Grec et Romains à considérer différemment ce peuple. Ainsi au IIe et Ier siècle av JC plusieurs historiens leur consacrent de longs passages : des Grecs comme Polybe, Posidonios d’Apamée, Strabon et Denys d’Halicarnasse et des Romains comme Jules César dans « la Guerre des Gaules », Tite-Live et Pline l’Ancien. Malheureusement, toutes les descriptions ont été réalisées selon les codes et le langage du monde romain et grec : les mœurs sont incomprises, les Dieux gaulois prennent des noms de Dieux latins, leur organisation sociale critiquée et tant d’autres choses encore. Ainsi pour les Grecs et Romains, les Celtes sont de dangereux barbares qui parlent une langue incompréhensible. Ils sont cruels et désordonnés, bâtis comme des géants mais hirsutes et dépenaillés. Vaillants au combats mais sont aussi capable des pires paniques, aussi vite abattus et découragés qu’ils ont montré d’arrogance avant l’épreuve. Sans oubliés que ce sont des ivrognes avérés. Ainsi est la vision grecque et romaine de ce peuple qui leur a laissé un souvenir terrifiant des invasions celtiques.
Pourquoi n’avons-nous pas d’écrit des celtes eux-mêmes ? Les Celtes craignaient l’écriture. Ils considéraient qu’elle figeait le savoir et empêchait toute évolution. Ainsi les traditions religieuses, littéraires, juridiques et scientifiques étaient transmises oralement par les Druides, le personnage le plus important de la société celtique. Ainsi lorsque Jules César a détruit l’institution des druides, dépositaires de ce savoir, la culture intellectuelle du monde celtique a sombré dans l’oubli.
Cependant, quelques inscriptions sur la pierre, la céramique, le métal et la monnaie ont été préservées. Les Celtes ont utilisé le système d’écriture ibérique, l’alphabet étrusque, grec et plus tard l’alphabet latin. Sont fait mention : marques de propriété, dédicaces, comptes d’artisans. Les écrits sont brefs à très brefs. Des textes sensiblement plus longs ont été découverts. D’abord en Espagne, à Botorrita, deux textes sans doute juridiques gravés sur du bronze. Puis en France, où deux tablettes de plomb ont été retrouvées à Chamalières (Puy de Dôme) et dans le Larzac (Aveyron). Elles portent trois textes relatifs à des pratiques de magie.
La découverte la plus importante reste celle de débris d’un calendrier trouvé à Coligny (dans l’Ain) dont les 2021 lignes nous renseignent sur l’organisation de soixante deux mois celtiques en une période de cinq années soit un « Lustre ». Et oui, ce mot est d’origine celtique.

Nos connaissances sur les traditions héroïques et mythologie du monde celtique quant à elles, elles sont parvenue jusqu’à nous grâce aux Gallois et Irlandais qui au VIIe siècle après JC, ont couché par écrit des textes jusque là transmis oralement. Ces récits ne sont pas tombés dans l’oubli car contrairement à la France notamment, l’Irlande n’a pas subi la conquête romaine et les cantons les plus retirées du pays de Galle se sont soustraits à l’autorité des conquérants. C’est l’arrivée du christianisme qui a permis cette mise par écrit. Au terme du processus de rédaction, au XIe et au XIIIe siècle après JC, deux ensembles de textes étaient constitués : les textes irlandais et les textes gallois qui tournent autour des aventures du Roi Arthur notamment.
Même si ces textes sont une manne pour les historiens contemporains, il en va du principe de précaution car ce que Gallois et Irlandais, païens puis chrétiens, ont préservés est-il toujours représentatif de la civilisation intellectuelle et religieuse du monde celtique continental au Ier millénaire avant JC ? Néanmoins nous pouvons y cerner de manière quasi charnelle nos ancêtres celtes ce que nous permettaient pas les écrits gréco-romains. Nous pouvons observer une société guerrière, souvent d’une extrême violence, où le banquet est une institution sociopolitique autant qu’une occasion de ripailles.
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